Politique

Ouverture de la 2e session ordinaire de l’Assemblée nationale : Patrick Achi aux députés, « Il est temps de passer des moyens aux résultats »

Par Richard ANO · 1 October 2026

Le Président de l’Assemblée nationale, Patrick Achi, a ouvert, ce 1er octobre 2026, la deuxième session ordinaire de la troisième législature, devant un hémicycle au grand complet. Un discours dense, qui trace la feuille de route des prochains mois et fixe un mot d’ordre clair : passer des moyens aux résultats.

La cérémonie s’est tenue en présence du Haut-Représentant du Président de la République, représentant Son Excellence Alassane Ouattara, de la Présidente du Sénat, du Médiateur de la République, de l’Inspecteur Général d’État, ainsi que du Président de la Chambre des Représentants d’Australie, Milton Dick, invité d’honneur de cette ouverture. Plusieurs membres du Gouvernement, des ambassadeurs et chefs de missions diplomatiques, des représentants d’organisations internationales, des sénateurs, officiers généraux, chefs traditionnels et guides religieux ont également pris part à la séance.

Un bilan d’intersession salué

Avant d’évoquer l’avenir, Patrick Achi a tenu à saluer le travail accompli, invitant même les députés à s’applaudir eux-mêmes pour « une intersession aussi active, aussi riche et, je crois, aussi utile ». Durant les trois derniers mois, les élus ont multiplié les tournées dans leurs circonscriptions, à travers l’opération « Assemblée nationale hors les murs » : restitution des travaux parlementaires, écoute des populations, visites de terrain. Le Président souhaite désormais inscrire cette démarche dans la durée : « Plus le Parlement se rapproche du citoyen, plus la République elle-même se rapproche de lui. »

Sur le plan international, la Côte d’Ivoire s’est aussi illustrée : élection de Patrick Achi comme vice-président du Bureau de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie à Yaoundé, participation prochaine à l’Union interparlementaire à Arusha, visite d’État au Viet Nam, échanges avec la Chine sur l’intelligence artificielle et avec le Nigeria sur la place des femmes dans le développement.

Le cœur de cette rentrée parlementaire reste cependant budgétaire. Les députés doivent examiner le budget 2027, premier exercice censé traduire concrètement le Plan national de développement (PND) 2026-2030, qui prévoit près de 115 000 milliards de francs CFA d’investissements sur cinq ans, dont plus de 70 % attendus du secteur privé. Patrick Achi a insisté sur un point : entre une intention de financement et une infrastructure livrée, « il y a une étape décisive : l’exécution ». Les commissions parlementaires devront donc suivre de près non seulement les crédits votés, mais aussi leurs résultats concrets pour les populations.

Le budget, grand chantier de la session

Une dizaine de projets de loi sont déjà sur la table, notamment sur la réglementation bancaire, la microfinance, et un texte très attendu modifiant le Code pénal pour lutter contre l’orpaillage clandestin.

L’intelligence artificielle entre à l’Assemblée

Fait notable de ce discours : la place accordée à l’intelligence artificielle. Patrick Achi a annoncé le lancement, dès le 12 octobre, d’un cycle de formation pour les députés sur ce sujet, avec le ministère de la Transition numérique. Un message clair a accompagné cette annonce, qui résume bien sa prudence : « L’intelligence artificielle peut assister le jugement humain ; elle ne saurait s’y substituer. »

Des annonces concrètes pour l’institution

Le discours s’est aussi conclu sur des annonces logistiques et symboliques fortes : livraison de tablettes aux députés dès le 5 octobre, connexion internet renforcée, nouveau système de conférence dans l’hémicycle d’ici fin d’année. Mais l’annonce la plus marquante reste celle de la réhabilitation de l’Assemblée nationale, financée avec l’accord du Président de la République, dont la première tranche des travaux démarrera en janvier 2027 — un geste fort envers un lieu chargé d’histoire, où fut proclamée l’indépendance ivoirienne en 1960.

Un discours de méthode plus que de rupture

Au final, ce discours ne marque pas de rupture spectaculaire, mais affiche une volonté de méthode : plus de suivi, plus de terrain, plus de résultats mesurables. En citant Jean Monnet « Rien n’est possible sans les hommes, rien n’est durable sans les Institutions » , Patrick Achi a voulu rappeler que la solidité d’un Parlement se mesure moins à ses discours qu’à sa capacité à transformer les textes votés en bénéfices tangibles pour les Ivoiriens.

Anori